Bière la revanche des micro-brasseries

l'essor des micro-brasseries en France

Les temps changent. Le paysage français de la bière des dernières décennies se résumait à des brasseurs industriels et à quelques petites brasseries réputées à la frontière de la Belgique et de la France. Et puis, une génération d’artisan de la bière est née presque spontanément. On peut dire que l’idée à moussée de là à devenir une déferlante où la bière regagnait son terroir et s’inscrivait à nouveau dans l’économie et dans la production locale et le circuit court. On peut parler de phénomène avec son festival, ses originaux et sa tradition. En grandissant, en investissant parfois des enseignes de la grande distribution, les petits commencent à gratter les géants de la bière, même s’ ils sont en situation oligopolistique sur le marché européen.

Qui sont les micro-brasseurs ?

Comme pour l’instant personne ne vient réguler l’installation, tout le monde peut brasser sa bière. Il n’y a pas de formation ou de diplôme pour devenir brasseur de bière. Il faut par contre avoir des autorisations pour commercialiser sa bière. Et là encore, on retrouve des bars qui se sont lancées dans l’aventure, il y a bien longtemps, des agriculteurs et même des viticulteurs. On peut dire que chacun à ses raisons. Le portait robot d’un micro-brasseurs est un point d’interrogation. Ce que l’on sait, c’est que l’essor est global. L’idée fonctionne si bien qu’on commence à voir émerger des micro distillerie. En France, pour faire face, les micro-brasseurs se sont retrouvés dans un syndicat indépendant qui n’est pas sous la houlette des Carlbserg, propriétaire de Kronenbourg, et autres Heineken. En 2018, le Syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI) est fondé avec déjà 400 membres.

Pourquoi un syndicat des brasseurs indépendants ?

C’est clairement une façon d’échapper à un syndicat de la bière qui ne représente que les intérêts du lobby des multinationales. L’essor des micro-brasseries est dû à une prise de conscience des producteurs, mais surtout des consommateurs de bière, fatigués de l’uniformisation du goût des bières industrielles et soucieux de faire vivre le terroir. Il est rapidement devenu évident qu’entre ces multinationales qui vendent la même biére à Londres qu’à Toulouse ou Tokyo, les intérêts ne sont pas les mêmes que celle des petits brasseurs.. La première ligne d’achoppement est évidemment l’appellation « artisanal ». A l’origine, ils croyaient autant à nos chances que de nous voir gagner à l’Euromillions.

Il faut comprendre que ce terme aujourd’hui fait vendre et que le consommateur est victime de nombreuses entreprises de l’agroalimentaire faisant de « l’artisanat washing ».. On se peut se rappeler Kronembourg qui communique sur son statut de  producteur de bière locale et artisanale.. C’est un peu comme si Ikea se disait menuisier artisan. Cette communication de Kronemboug, rappelons-le, filiale de Carlsberg, a été vite interrompue devant la levée de bouclier des brasseurs indépendants.

Les chiffres 2019 de la bière artisanale et des micro-brasseries :

  • Plus de 1600 brasserie et micro brasserie artisanale
  • Plus de 10 000 bières différentes
  • 5 600 emplois dans tout la France métropolitaine  et d ‘outre-mer
  • Elles créent  60 fois plus d’emplois directs que les grands groupes

Les brasseries et les micro-brasseries artisanales sont devenues un acteur majeur de l’emploi et des circuits cours. Elles utilisent uniquement des produits issus de l’agriculture locale. Elles sont vendues dans un secteur géographique limité et permettent ainsi un renouveau de la diversité des bières françaises. À l’heure de la désertification, le secteur de la bière artisanale redonne vie en créant de l’emploi et de l’activité dans des zones rurales. Aujourd’hui, on est estime la part des brasseurs de bière artisanale à 8% du chiffre d’affaire national et à 7% du volume de bière vendues. Il est vrai que ces chiffres sont boostés par la Coupe du Monde de football 2018, mais l’année 2019 semble encore se dérouler sous de meilleurs hospices.

C’est quoi une micro-brasserie ?

On entend le mot partout jusque sur les lèvres des journalistes parisiens qui découvrent même qu’ils en ont dans la capitale. Une micro-brasserie est un brasseur qui fait de la bière artisanale en toute petite quantité. Avec 60 litres, nous faisons partie de cette famille qui est en train devenir légion comme le dit Maxime Costilhes, délégué général de Brasseurs de France. « Nous sommes passés en un an de 1 100 à 1 600 microbrasseries. En 2017, le rythme de créations était d’une tous les deux jours. Il a encore augmenté en 2018 et dépasse le seuil d’une par jour », affirme. » Évidemment, la vente de bière est toujours trustée en France par deux multinationales dont nous parlerons plus en amont. Ils regardent le phénomène le sourire pincé et ils essayent eux aussi de reprendre nos codes pour lancer des bières industrielles au packaging « local ».

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